Les 3 étapes clés pour bien écrire une biographie

Pour écrire une biographie, il ne suffit pas de griffonner les anecdotes de papi et mamie sur quelques bouts de papier et se dire que cela suffira à faire un bon livre. Non ! Pour écrire une biographie qui sera lue parce qu’elle donnera envie aux autres de la lire, l’exercice doit être pris très au sérieux.

Rigueur et méthode seront les points essentiels pour réussir cette rédaction qui, loin d’être difficile, demande de la maitrise et de la patience.

L’aventure ne s’improvise pas. Cette phrase qui ressemble à un pléonasme résume bien l’exercice d’écriture d’une biographie. Avant tout, il faut se documenter, se déplacer, creuser dans la poussière des souvenirs estompés par les années, le maitre mot est « recherche ». Pour bien faire, il faut amasser le plus de sources d’informations possible (paroles, magazines, quotidiens, journaux intimes, lieux et histoires, photographies, films de famille…).

Cette masse d’informations vous permettra de réaliser un travail sans faille et le plus objectif possible. Cette étape peut sembler longue et fastidieuse, mais elle vous facilitera la vie lors de l’écriture de la biographie.

Un bon roman s’écrit en trois mois environ, alors qu’une biographie peut prendre plusieurs années si le sujet est vaste et riche en données. Vos investigations étofferont votre travail, mais il faudra prendre garde de ne pas étouffer votre récit sous des sources d’informations inintéressantes, il faudra trier ces sources pour ne garder que celles de qualité : celles qui susciteront l’intérêt des lecteurs.

Étape 1 : Partez à la recherche de l’information perdue

a) Demandez l’autorisation

La première étape indispensable pour commencer votre travail sera de demander l’autorisation de la personne que vous avez choisie pour sujet. Eh oui ! Une biographie concerne le plus souvent une femme ou un homme qui est encore en vie sur notre bonne vieille terre. Même si parfois une biographie de personne disparue est possible, la plupart du temps elle se fait du vivant de la personne. Là, il faut faire preuve de courtoisie en se contraignant à demander l’autorisation de celle-ci et cela même si vous savez qu’elle vous refusera cette autorisation.

Pourquoi ?

Eh bien, si vous obtenez son accord, le cycle d’interviews-écritures sera beaucoup plus simple si la personne est ouverte pour vous confier des informations le plus souvent intimes sur sa vie. Dans le cas où vous n’obtiendriez pas cet accord et que vous persistiez dans votre projet d’écrire sa biographie, votre sujet sera tout de même au courant de votre travail. Sachez qu’il pourra, par la suite, et s’il l’estime nécessaire, vous poursuivre en justice dans le cas où vos propos ne refléteraient pas l’image qu’il voudrait laisser de lui de son vivant. Vous prenez donc un risque qu’il ne faut pas ignorer et surtout ne pas prendre à la légère.

Dans un troisième cas, si la personne n’est plus en vie, vous n’avez bien sûr aucune obligation de demander son autorisation pour écrire sur sa vie. En informer la famille reste tout de même une démarche naturelle, toujours par souci de courtoisie.

b) Cherchez des sources d’informations

L’information ne viendra pas à vous si vous n’allez pas vers elle.
Je crois que j’ai bien résumé le fond du problème.
Cette partie est la plus difficile, et pourtant, c’est aussi la plus essentielle dans votre projet d’écriture biographique. Chercher, rechercher de la matière pour son récit (livres, journaux, vidéos, interviews du sujet et/ou de ses proches…) restera toujours le point qui décourage de nombreux auteurs à poursuivre dans la construction biographique. Pourtant, c’est ici que tout commence. C’est à ce point précis que vous déterminerez si la vie de votre sujet vaut vraiment la peine d’être étudiée. Pour cela, il n’y a pas de trucs ou d’astuces qui vous aideront à aller plus vite dans vos recherches. Il faut simplement persévérer et collecter.

Lisez, écoutez, regardez le plus de sources possible, même si après coup elles se révèlent être sans aucun intérêt. Cela vous permettra de déterminer et cibler les périodes où les faits vous semblent les plus aptes à susciter un fort engagement de la part de vos lecteurs, mais aussi de donner un axe à votre récit. Demandez-vous ce que vous voulez transmettre de la vie de votre sujet aux autres.

c) Parlez avec votre sujet

Pour bien faire, la méthode qui a et fera toujours ses preuves reste bien sûr l’interview. Armez-vous d’un Dictaphone, d’un carnet et d’un stylo, puis interrogez. La composition de votre récit ne se fera pas sans que votre sujet et les personnes qui ont vécu autour de lui ne vous confient des anecdotes.

Sachez que la personne que vous biographez, vous relatera sa vision des choses telles qu’elles lui viennent. Votre travail consistera à affiner cette vision en interrogeant ses proches. La mémoire est une chose qui varie tellement avec le temps que plusieurs sources peuvent donner un fait, un récit souvent différent. Il faut donc recouper ces informations, parfois contradictoires, pour construire une vérité acceptable.

Vos entretiens peuvent se faire par mail, visioconférence ou téléphone, mais sincèrement, l’interview en face à face est vraiment le must pour que vous, en tant qu’auteur, ressentiez l’émotion que votre sujet transmettra involontairement en racontant sa vie. Vous y verrez ce qui compte vraiment à ses yeux, ce qui n’a pas d’intérêt ou encore ce qu’il vous cache. Le Dictaphone viendra à votre secours lorsque plus tard, en reprenant vos notes, vous voudrez retrouver un moment précis que vous n’avez pas eu le temps de bien noter et que vous vouliez creuser un peu plus.

Dans cet exercice, il est préférable d’en faire plutôt plus que trop peu. De petites interviews relativement espacées seront de bien meilleure qualité qu’un long moment parcourant toutes les périodes. De plus, chaque pause entre les interviews laissera du temps, à votre sujet et à vous même, pour réfléchir à des détails qui ne vous seraient pas immédiatement apparus pendant les conversations.

d) L’importance des lieux

Les personnes sont importantes, mais les lieux le sont tout autant. Pour bien comprendre l’histoire d’un événement, pouvoir remonter le temps serait vraiment une action très utile pour un biographe. Comme cela est impossible « officiellement », le mieux pour vous est de vous rendre directement sur place. Visitez la maison d’enfance de votre sujet, sa ville, son quartier, les endroits qui l’ont marqué… Si ces lieux n’existent plus, passez aux archives de la ville ou à celles des journaux locaux pour mieux cerner ces endroits.

Il faut vous imprégner de l’atmosphère qui entourait ces points et ponctuait la vie de votre sujet. C’est un peu comme si vous deveniez vous-même le sujet que vous êtes en train de traiter et que vous fassiez un retour aux sources. Ces ambiances, vous devrez les raconter à vos lecteurs qui n’ont d’autres sens que la vue pour comprendre. Vos mots seront là pour lui faire ressentir ces différents environnements.

e) Mettre une vie en contexte

N’oubliez pas que chaque époque possède son contexte. Qu’il soit politique, économique ou social, pour que votre récit reflète le plus fidèlement l’époque à laquelle se passe un fait, il vous faut faire des recherches.

Eh oui ! Je sais. Je n’ai que ce mot à la bouche : « recherche ».

Mais, il faut bien comprendre qu’écrire une biographie, c’est comme extraire un morceau du temps de quelqu’un et le montrer aux autres. Ces « autres » n’ont peut-être pas connu cette époque et seront même parfois surpris d’entendre certaines choses qui aujourd’hui n’ont plus lieu d’être (par exemple : Internet n’existait pas avant les années 90, le droit de vote des femmes n’a pas toujours été une évidence en 1944, il y a eu un ancien franc avant le franc et avant l’euro…).

Ces contextes sont essentiels dans l’écriture de votre récit pour bien ancrer une époque, des mœurs, des habitudes propres à ces temps et pour que vos lecteurs prennent conscience que certains barrages pouvaient exister avant et rendre la vie plus compliquée à certains égards.

f) Dessinez un axe chronologique

Après cette longue première étape, pour terminer faites un schéma chronologique (sur ordinateur ou papier) de la vie de votre sujet. Commencez évidemment par sa naissance, tracez une ligne et ponctuez celle-ci de traits qui indiqueront les étapes clés de sa vie. Écrivez des dates, des lieux, des noms… Toutes les choses qui vous paraissent utiles, mais aussi futiles.

Je vous conseille vivement d’y ajouter des événements majeurs pour mieux appréhender les époques (décollage d’Apollo 11, manifs de mai 1968, chute du mur de Berlin…). Cela constituera votre principal outil de référence pour vous situer dans la vie du sujet.

Étape 2 : Écrire la biographie

a) Suivez la chronologique des faits

Même si vous ne publierez pas la totalité de l’histoire d’une vie et que vos travaux ne concernent finalement qu’une période bien déterminée de la vie de votre sujet, je ne saurai que trop vous conseiller de commencer votre écriture par le début.

Démarrez de la naissance d’une personne et accompagnez-la jusqu’à aujourd’hui ou jusqu’à son décès, si elle n’est plus de ce monde. Découpez son histoire par tranches de vie comme l’enfance, l’adolescence, le passage à l’âge adulte et ensuite poursuivez par grands changements (mariage, travail, enfant, accident, maladie…).

Pourquoi partir du début si vous ne parlez que de sa vie d’adulte, par exemple. Eh bien, c’est simple ! Vous comprendrez mieux l’évolution de votre sujet jusqu’au moment qui vous intéresse. Par exemple, un grand chef d’entreprise qui aujourd’hui gagnerait plusieurs millions d’euros aurait très bien pu naitre dans une famille pauvre et galérer pendant plusieurs années avant d’obtenir ses premières réussites.

Rappelez-vous ce que je disais sur le contexte.

Vous serez plus à même d’expliquer que ce qu’il a construit n’a pas été forcément facile et joué d’avance. D’autre part, le texte traitant des autres périodes pourra par la suite faire partie d’une autre biographie qui couvrirait un plus large spectre de la vie de votre sujet. Il ne faut rien laisser au hasard.

b) Choisissez un thème

Le thème est ce qui rendra votre récit fascinant pour les lecteurs. Il est donc important de le trouver, de l’organiser et de composer vos textes pour que celui-ci retienne l’attention.

Par exemple, vous pourriez parfaitement centrer votre biographie sur l’impact que la Seconde Guerre mondiale a eu sur la façon dont votre sujet a choisi de vouer sa carrière et sa vie. Peut-être, s’est-il engagé dans un mouvement pacifiste antimilitariste ou inversement dans une forte mobilisation vers une militarisation qui maintiendrait la paix par la peur.

J’ai exprès choisi deux exemples bien tranchés, mais bien sûr, il y a plein de sujets moins intenses qui pourraient totalement opérer comme thème central de votre biographie. À vous de les choisir.

c) Faites des flashbacks

Pour donner du dynamisme à votre récit, il est tout à fait possible de le romancer comme une histoire. D’ailleurs, je vous le conseillerai. Personne n’a envie de lire une biographie qui dirait : « Henri a fait ses premiers pas à deux ans. Il est entré à la maternelle vers quatre ans. C’était un chouette garçon plein d’énergie. »

Ce que je veux dire, c’est que même si elle est vraie, une histoire ne doit pas être une succession d’évidences. Il faut la romancer pour créer une dynamique de lecture qui invitera le lecteur à poursuivre à travers les pages du livre. Vous pourriez tout à fait commencer votre histoire dans le présent en décrivant une conversation entre une autre personne et votre sujet qui, tout à coup, déciderait de parler d’une période de sa vie en rapport avec la discussion.

Cette mise en scène pourra se poursuivre sous forme de chapitre qui ramènerait le lecteur vers un passé inconnu depuis un présent qu’il maitrise. Ces aller-retour dans le temps, permettraient aussi de faire connaissance avec votre sujet entre deux époques. Vous le verriez avec ses humeurs d’aujourd’hui et sa naïveté d’antan. Et tout ça dans le même chapitre.

Étape 3 : Parfaire votre travail

a) Demandez l’avis des personnes qui connaissent votre sujet

Faites lire vos textes ou chapitres à des personnes qui connaissent la vie du sujet que vous avez pris pour cible. Même s’il s’agit d’un brouillon de travail, obtenir l’avis de ces personnes sera pour vous un moyen de valider si ce que vous racontez est juste ou si vous êtes à côté de la plaque.

Avec ces retours, vous apporterez les modifications nécessaires et vous réviserez votre travail afin d’exclure les parties qui n’ont pas d’intérêt ou celles dont la véracité n’est pas avérée.
En bref, soyez ouvert aux critiques constructives.

b) Toujours citer ses sources

La biographie que vous réalisez est la vôtre et cela même si elle concerne quelqu’un d’autre. Comme pour un roman, c’est avant tout à l’écrivain que revient la difficile tâche de présenter les faits, les événements, le cadre historique…

Toutes ces données que vous avez collectées, parfois difficilement, viendront appuyer vos analyses qui sont souvent issues d’un certain nombre de sources extérieures. Pour exemple, dans le cas d’une biographie d’un personnage historique, d’autres auteurs auront peut-être déjà traité le sujet dans d’autres biographies que vous aurez bien sûr consulté pour vos recherches. Dans tous les cas, citer ses sources est une démarche saine qui rassurera vos lecteurs sur la qualité de vos propos. Ils y verront la preuve d’un travail consciencieux et savamment préparé.

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