Pensée : à quoi ressemble un écrivain ?

Vous est-il déjà arrivé, dans votre enfance, de lire des romans sous la couette ? Aujourd’hui, êtes-vous incollable sur les grands auteurs et la littérature en général, semblable à un puits de science pouvant citer de nombreux auteurs célèbres à la volée ? Suivez-vous assidûment l’actualité du livre et attendez-vous la rentrée littéraire avec impatience ?

Rassurez-vous, moi non plus.

Trop souvent les clichés collent à la peau de l’écrivain. ,Je peux d’ores et déjà vous soulager de toute anxiété sur ce que doit être une personne qui voudrait devenir un écrivain reconnu, ce qui est un peu mon cas. Son comportement ne doit surtout pas ressembler à celui que les gens attribuent à un auteur d’œuvres de l’esprit.

Un écrivain, c’est avant tout une personne qui aime les mots, qui médite sur le monde qui l’entoure, qui imagine des histoires incroyables ou communes, qui inscrit ses idées sur un bloc-notes froissé, parce que resté trop longtemps plié dans une de ses poches de pantalon, avant de les enregistrer sur son ordinateur pour en garder une trace. Si vous vous reconnaissez aussi dans cette description, alors vous êtes surement un écrivain dans l’âme.

Avant toute chose, il faut savoir qu’écrire est une discipline qui ne s’anime que par la passion.

En tant qu’auteur, je suis de ceux qui bossent sept jours sur sept lorsque j’ai un projet de manuscrit en tête. Si je devais résumer ma façon de travailler, je la comparerais à ce petit dicton : « 1 % d’inspiration pour 99 % de transpiration ». D’où le fait que parfois, je ne suis pas au courant de la dernière actualité littéraire puisque je me suis volontairement enfermé dans mon récit. Mea culpa. Vous souriez derrière votre écran, je le vois bien. Si vous aussi vous entreprenez de rédiger un jour vos idées, vous constaterez rapidement qu’il est plus difficile de les écrire que de les imaginer.

La motivation est un élément essentiel pour commencer un manuscrit, l’enrichir et aller jusqu’à son final. Les premiers chapitres, je dirais même les premiers mots d’une histoire, sont les plus difficiles à construire. Vous passerez peut-être des semaines à vous demander si ce que vous venez d’écrire est excellent ou tout juste bon pour la poubelle.

Il y a des signes qui ne trompent pas : à supposer qu’en vous levant le matin, vous vous demandez si vous auriez pu faire un bon écrivain, celui-là en est un. Dans ce cas, le seul conseil que je me permettrais de vous donner est le suivant : « Être publié n’est pas l’objectif, vivre sa passion est bien plus important pour l’ego ».

Beaucoup d’auteurs à succès publiés n’ont plus la chance d’écrire comme ils le souhaiteraient. Souvent ils répètent un même schéma et ne prennent plus aucun risque. À ça, je dirais : « chacun sa vie ». Il n’y a pas de bonne ou mauvaise manière de faire. Ce choix est personnel et il faut le respecter.

Mon envie personnelle reste aujourd’hui de prendre des risques. Mais je ne suis pas un auteur à succès et peut-être qu’un jour, si je change de statut, je verrais les choses différemment… (fontaine, je ne boirai pas de ton eau).

Nous recherchons tous notre quart d’heure de célébrité et c’est louable. Je préfère me fixer sur les mots, mes mots, ceux que je crée et qui m’appartiennent. Ceux qui portent ma vision aux lecteurs. S’ils les aiment, mon ego n’en sera que plus heureux. S’ils les détestent… tant que je me sens en harmonie avec mon travail, je peux accepter la critique.

Dans mes différents déplacements, j’ai rencontré quelques écrivains qui, comme moi, écrivent avec le cœur, mais beaucoup d’entre eux ne publient plus leur travail suite à une ou plusieurs mauvaises critiques. Est-ce la bonne manière de faire ?

Être un écrivain est bien plus difficile que l’on peut l’imaginer. Quelques-uns tentent, mais peu réussissent et encore moins continuent. Moi, je continue et je verrais où cette barque me mènera. Notre vie est unique, mais également courte. Je préfère vivre la mienne avec de l’espoir que du découragement.

Pour finir ce billet et comme tout bon écrivain, je terminerai par une citation.
Cyril Connolly a dit :

« Mieux vaut écrire pour soi et ne pas avoir de public que d’avoir un public et ne plus être soi-même ».

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