Avant d’évoquer les détails du défi, il faut comprendre que je me sens réellement passionné par ce que je fais, par ce que j’écris chaque jour, par ce besoin irraisonné de m’investir dans un projet et de l’amener le plus loin possible. Je ne veux en aucun cas dire que tous mes textes sont les graines d’un bon roman qu’il suffit d’arroser pour en faire éclore une superbe rose. C’est tout le contraire, car je suis un perfectionniste et que je modifie sans arrêt mes textes.

Je suis un écrivain dans l’âme. Imaginer pouvoir publier un livre, le partager avec vous, lecteurs, est le but que je souhaite atteindre. Je devine que nous sommes nombreux à vouloir accéder à l’univers très restreint des maisons d’édition, malheureusement le parcours est assez difficile et en décourage plus d’un. Il faut tout de même résister au pessimisme et continuer à croire en soi avec force et surtout ne jamais cesser d’écrire. J’en arrive donc au défi que je me suis lancé il y a quelques années déjà : écrire 1 500 mots chaque jour, ce qui est énorme. En vérité, d’habitude, je rédige moitié moins simplement parce qu’une vie normale m’en empêche. Mais avec cet objectif un peu élevé, je me fixe une limite à atteindre et cela me motive pour continuer dans cette démarche. Le bureau, les courses, la famille, les sorties, le métro… font obstacle à la création, mais paradoxalement, j’en suis très heureux, car ce sont ces moments qui alimentent aussi mon imagination.

À ce rythme de 1 500 mots, il est possible de rédiger une première mouture de manuscrit assez rapidement. Cette base pourra ensuite être retravaillée et peaufinée. Pour réussir cet engagement, il faut se tenir à une rigueur et une volonté qui peut sembler insurmontable pour toutes personnes qui, comme moi, mène une vie professionnelle en parallèle : oui, je ne vis pas encore de ma passion.

J’ai déjà écrit deux romans et un certain nombre de nouvelles, j’ai donc l’habitude d’organiser mon temps d’écriture. Mon premier, « L’étoile du Sao Gabriel », est intéressant, mais à mon avis il reste imparfait par rapport à ce que j’aurais aimé écrire en fin de compte. Mon second roman, « Le voyageur », est beaucoup plus abouti simplement parce que je me suis astreint à cette discipline stricte pour construire une narration soignée et offrir un style propre à chacun de mes personnages. Finalement, il est très proche de mon idée originale. M’imposer ce défi quotidien a eu l’effet escompté sur ce manuscrit.

Ces derniers jours, je réfléchis à un troisième manuscrit « publiable ». Je me sens capable de relever ce nouveau challenge. J’ai eu l’occasion d’en parler avec d’autres auteurs et d’échanger quelques « recettes de cuisine » pour bien commencer. Alors me voilà à la veille d’un nouveau départ. Voici que mon défi quotidien se retrouve pimenté d’un petit cadeau bonus : rédiger 1 500 mots par jour dans le but d’écrire le meilleur manuscrit que je suis aujourd’hui capable d’imaginer. Pourquoi, me direz-vous ? En fin de compte, j’écris parce que j’aime le faire et quand je choisis de publier, c’est pour vous faire partager mon histoire. Livrer une nouvelle fiction à son public est toujours un moment délicat, mais j’ai tout de même hâte de vous la présenter.