Comment apporter de l’émotion et la transmettre à vos lecteurs ?

Comment écrire un texte qui propage des sentiments sincères ? C’est une bonne question qui doit germer dans l’esprit d’un écrivain assez rapidement. Il est important de faire ressentir les choses pour que le lecteur s’attache à votre récit. Toutes les émotions sont bonnes à exploiter dans un livre. La joie, l’espoir et même la peur ou la haine, l’essentiel est de réaliser une œuvre qui transmette ces émotions de la manière la plus vraie, forte et crédible.

Construire une histoire, ce n’est pas seulement empiler des mots comme des legos, les uns après les autres. Vos lecteurs doivent pouvoir comprendre le langage émotionnel qui transparait à travers votre récit pour adhérer et s’immerger dans votre univers. En d’autres termes, une bonne histoire ne fait pas tout, elle doit apporter quelque chose à celui qui la lit, toucher son coeur.

Comment faire pour transformer quelques lignes en quelque chose de si prenant que n’importe qui resterait captivé en les lisant, au point qu’il ne quitte plus votre livre des yeux.

Cette gymnastique intellectuelle est plus facile à expliquer qu’à mettre en place. Comme pour tout, le secret pour y parvenir, c’est de s’entrainer. Un très bon exercice, pour commencer, consiste à rédiger de très courtes histoires, pas plus de cinq à sept pages. Écrire une bonne histoire en quelques pages en tenant compte de son contexte, son déroulement et sa conclusion, tout en gardant une logique narrative cohérente est déjà assez difficile. Ne vous laissez donc pas aveugler par des livres de plusieurs centaines de pages. Les textes courts, quand ils sont bien construits, sont bien plus difficiles à créer. Se fixer une telle limite oblige notre esprit à utiliser toute sa créativité afin de montrer qu’il peut gérer cette contrainte. Sans cette limite, nous avons tendance à tirer en longueur des scènes qui ne le méritent pas forcément.

Choisissez maintenant une émotion parmi celles que vous souhaitez travailler et tentez de la faire ressortir dans votre très courte histoire.

Quelques exemples d’émotions négatives :

  1. Écrivez à propos de la peur.
  2. Écrivez à propos de ce qui vous énerve le plus en ce moment.
  3. Écrivez à propos de ce qui vous dégoûte.

Les émotions négatives sont, à mon avis, celles qui sont le plus faciles à aborder. Simplement, parce que le monde qui nous entoure fournit énormément de matière pour les étudier quotidiennement.

Quelques exemples d’émotions positives :

  1. Écrivez sur le thème de l’espoir.
  2. Écrivez sur vos sentiments envers quelqu’un.
  3. Écrivez sur le thème de l’amitié (très utilisé dans les romans).

N’omettez pas les sentiments plus apaisants et joyeux. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ils sont bien plus complexes à décrire dans un texte. Ils sont plus forts que la haine, la mort ou le cynisme.

Comme toujours, le plus simple serait d’écrire à propos de ce qui vous concerne. Au moins, au début. Votre analyse et votre retranscription de l’émotion seront bien plus honnêtes et cela se ressentira immédiatement dans le texte. Écrire, c’est avant tout transmettre. Pour cela, il faut s’impliquer de la façon la plus véritable et sincère pour rendre crédible un personnage, une situation, une histoire.

Prenons l’exemple d’un acteur de série télé ou de cinéma. Ce sont des personnes qui ont étudié l’art du jeu d’acteur dans le cadre d’une école comme le Cours Florent, par exemple. Mais, saviez-vous que la meilleure école était celle de nos comportements ? Les acteurs novices, comme aguerris, font tous la même chose, ils s’inspirent d’abord de la réalité qui les entoure pour donner de la force aux rôles et aux personnages qu’ils incarneront.

Pour écrire avec émotion, il faut faire la même chose.

Mes conseils :

  1. Pour bien écrire sur une émotion, il faut l’avoir ressentie soi-même. Si ce n’est pas le cas, il faut rencontrer des personnes qui l’ont vécue et qui vous transmettront leur ressenti.
  2. Regardez autour de vous. Les émotions les plus véritables se trouvent dehors. En allant au boulot, au supermarché, en sortant les poubelles, en prenant quelques jours de vacances… Observez attentivement le monde autour de vous, sans devenir un voyeur évidemment. Il s’agit d’un travail d’analyse comportemental. Par exemple : si votre personnage s’installe constamment dans la dépression, donnez-lui vie en vous inspirant du comportement de personnes taciturnes. J’en croise assez pour vous affirmer que ce n’est pas ce qui manque dans notre monde.
  3. Gardez sur vous de quoi noter. Il est difficile de se souvenir de tout ce que l’on voit. Les émotions sont parfois fugaces et peuvent surgir à des moments inattendus. Notez ce qui l’a déclenchée, comment affecte-t-elle les autres et vous-même ? Tenez-vous prêt à prendre des notes pour les exploiter plus tard dans votre histoire.

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