5 bons romans sur le thème du mensonge

Lire un roman est toujours un plaisir solitaire qui se doit d’être partagé après coup. Après avoir lu un article traitant des thématiques que pouvaient aborder un auteur dans le déroulé d’une histoire, j’ai entamé la lecture sans gêne de ces romans parlant du mensonge.

Dans notre monde, le déni, la dissimulation et les secrets font notre quotidien. Nous vivons tous à travers une certaine dose de mensonge, plus ou moins forte, et j’ai eu le sentiment que finalement ces fictions se rapprochaient vraiment de notre réalité. Elles pouvaient se considérer comme un genre de narration presque autobiographique, un décryptage de l’état d’esprit humain de notre époque.

Pour bien comprendre le sujet, il faut toucher du doigt le fait que le mensonge n’est pas toujours un comportement volontaire, il peut-être aussi totalement inconscient. C’est le cas lorsque notre esprit transforme un souvenir sans que nous en ayons conscience. Cette transgression de la réalité est un mécanisme de défense présent pour nous protéger ou pour nous faciliter l’acceptation de certains actes. Notre mémoire peut donc nous tromper, elle aussi, et mystifier des moments précieux qui ont gradués notre chemin de vie.

Les livres que je vous présente ci-après nous montrent comment le mensonge est devenu une évidence lors de situations complexes. Nous mentons tous pour échapper à différentes choses. Certains écrivains ont bien su traiter ce thème en mettant en avant leurs propres expériences du mensonge.

1 – L’œil le plus bleu de Toni Morrison

Dans ce roman, Toni Morrison remet en question l’un des mensonges qui a fait le plus de mal dans l’histoire des États-Unis : les blancs sont supérieurs aux noirs.

L’auteure donne la parole aux femmes noires dans une communauté qui ne cesse de s’autodétruire par la cruauté et la criminalité. Ils ne font que reproduire la souffrance que les blancs n’ont cessés de provoquer sur eux.
Pecola est une jeune fille qui idolâtre Shirley Temple et rêve d’avoir les mêmes yeux bleus, mais face à la féroce réalité d’une Amérique blanche, le rêve de beauté devient un leurre qui ne cède le pas qu’à la folie.

Ce livre est parfois difficile à lire, car il révèle les nuances de notre personnalité profonde. Tantôt nous prétendons être droits et respectueux, puis nous devenons une tout autre personne, un animal barbare et cruel.

2 – Le dieu des petitS riens de Arundhati Roy

Rahel et Estha Kochamma sont jumeaux. Ils ont huit ans et vivent en Inde, entourés de leur grand-mère, Mammachi, qui fabrique des confitures trop sucrées, de l’oncle Chacko, un coureur de jupons invétéré, de la grand-tante Baby Kochamma, qui nourrit un amour mystique pour un prêtre irlandais, et de leur mère Ammu qui aime secrètement Velutha, un Intouchable.

Lorsqu’un drame va mettre à mal leur existence et provoquer la séparation du clan, les jumeaux se demandent comment réagir. Qui doivent-ils aimer plus qu’un autre dans une famille qui se déchire ? Doivent-ils réellement trahir la vérité pour l’amour d’une mère ?

L’auteur décrit magnifiquement le mensonge par le simple silence d’Estha, l’un des jumeaux. Les castes stratifiées provoquent une série d’événements qui vont amener au divorce de la mère qui avait épousé un menteur pathologique et alcoolique.

Ce récit est envoûtant, plein d’humour et d’émotion, servi par une écriture neuve et poétique.

3 – Mon père et moi de JR Ackerley

L’auteur fouille dans la jeunesse de son père pour savoir si son homosexualité n’est pas un héritage qu’il lui aurait légué. Il cherche à comprendre si son total désintérêt pour les femmes se trouve dans les failles de son géniteur. Celui-ci ressemblait à un homme parfait et intègre, mais sous son apparence superficielle, son père menait une double vie. Ackerley apprendra un jour qu’il a trois demies sœurs et que son père entretient une autre famille à seulement quelques kilomètres de la maison.

Ce livre est une autobiographie qui n’a été publiée qu’après la mort de l’auteur. Il traite d’une des facettes les plus communes du mensonge, celui que nous entretenons avec nos proches, ceux-là même qui pensent nous connaitre parfaitement. Ackerley n’apprendra qu’après le décès de son père, mort de la syphilis, que celui-ci avait eu une double vie dissimulée. Ce récit reste sobre dans une écriture sans chichi ni envolées.

4 – Dans les coulisses du musée de Kate Atkinson

La petite Ruby Lennox a commencé à voir, à comprendre et sentir en 1951 lors de sa venue au monde. Elle devient la narratrice de sa propre histoire pour nous raconter avec humour sa vie et celle de ses parents George et Bunty, boutiquiers d’York. L’une de ses sœurs va devoir mentir pour lui sauver la vie et par la même dévoiler un terrible souvenir.

Ce premier roman a obtenu le prix Whitbread 1996, battant au dernier tour de sélection Salman Rushdie. En France, la rédaction de Lire l’a élu meilleur livre de l’année. Mentir pour résoudre une problématique semble toujours être une solution évidente. Pourtant, elle mène bien souvent à la destruction, petit à petit, de la relation de confiance qu’une famille est présumé entretenir.

5 – La chambre de Giovanni de James Baldwin

Les histoires d’amour tourmentées et douloureuses d’un jeune américain à Paris dans les années 50. James Baldwin décrit le trouble émotionnel de David, le narrateur, déchiré entre Giovanni et Hella. David est une personne honnête, mais qui vit dans le mensonge. Un mensonge qu’il ressent comme une humiliation envers sa fiancée, mais également envers son amant. Cette humiliation deviendra vite la source d’une motivation malsaine pour le meurtre.

Le mensonge passionnel est un des pires qui puisse exister. Il est aussi violent que destructeur et constitue souvent les prémisses d’un futur crime passionnel. Vivre dans la dualité de ses sentiments et désirs ne feront que faire chuter David dans la vicissitude de la vie humaine.

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