Les principales causes d’un manque d’expression chez un écrivain

Il est étrange de penser qu’un écrivain, donc une personne qui est censée se consacrer facilement à l’écriture, peut être en panne d’expression. Il existe pourtant un syndrome dit « de la page blanche » que nous avons tous connu à un ou plusieurs moments dans les étapes d’une création originale.

Ce manque d’expression est un blocage qui révèle simplement nos peurs, nos angoisses et face à cela nous devenons improductifs. Ce manque d’expression se catégorise de trois façons :

1. Je n’ai pas envie d’écrire maintenant.
2. Je ne sais pas quoi écrire pour l’instant.
3. J’ai de bonnes idées, mais je ne sais pas comment les transcrire

Pour résumer ces trois causes, il faut prendre en compte un aspect qui est important. Même si l’on se reconnait dans l’une des catégories, l’écrivain continu pourtant d’écrire, mais n’arrive pas à finaliser son récit. Personnellement, il m’arrive (très souvent) d’écrire de courtes histoires qui restent pourtant très détaillées et qui constituent plus qu’une ébauche d’histoire. Pourtant, après quelques jours, j’abandonne cette écriture parce que je ne sais plus où je voulais vraiment arriver. Fondamentalement, je me retrouve dans l’incapacité d’exprimer avec clarté mes pensées. Cela n’a rien à voir avec le blocage de l’écrivain, non, c’est juste que je me suis perdu et que j’ai provoqué un état mutisme.

Ce n’est que récemment que j’ai constaté que mon sentiment de blocage était un leurre, car je continuais à écrire de nombreuses lignes de textes sans pourtant voir émerger le moindre manuscrit. D’après mon analyse, je pense que les causes de ce problème sont les suivantes :

1 Le manque de vocabulaire

Pour écrire une prose de qualité qui donne envie à un lecteur de poursuivre la découverte de votre récit, il faut acquérir une bonne quantité de mots qu’il est possible d’utiliser selon votre bon vouloir. Il est impératif de s’appuyer sur les synonymes pour ne pas donner l’impression d’être répétitif, comme un petit vieux qui perdrait la boule. Je crois que la meilleure solution à ça est de se faire greffer un dictionnaire directement dans le cortex… non, en fait la meilleure solution est de lire, beaucoup. La lecture d’autres auteurs, d’auteurs différents dans leur style et genre, est un parfait moyen pour augmenter ses connaissances. L’aide d’un dictionnaire reste toutefois un complément pour la compréhension de ces nouveaux mots.

Quand j’ai commencé l’écriture de mon premier roman, je me suis aperçu (trop tard) que le style était trop répétitif par endroit. Ce n’est qu’après coup que je me suis initié à une simple obligation dans mon travail : écrire de manière éclectique.

Écrire est un véritable travail qui peut, pour certains, ressembler à de la rédaction facile. C’est vrai que les mots mis bout à bout forment une phrase. Mais en réalité, l’écriture est un travail complexe et, quitte à en choquer quelques-uns, ce n’est pas donné à tout le monde. Ce n’est pas pour autant que je me sens au bout de mon apprentissage, c’est plutôt le contraire.

2 Vous ne maitrisez pas votre sujet

Le débutant comme l’expert aguerri démarre une construction littéraire depuis le même point, la plupart du temps. La différence, c’est que l’expert va chercher la maitrise du sujet qu’il souhaite traiter pour en tirer une crédibilité qui portera son manuscrit vers ses lecteurs.

Il faut donc avant de s’engager dans un projet, en comprendre tous les rouages, faire des recherches, relever des témoignages si nécessaire, passer du temps dans cette phase d’enquête-réflexion avant de se mettre à son bureau et d’écrire son histoire. Ceci est aussi valable pour une œuvre de fiction.

Lorsque j’ai mis en avant l’un de mes personnages, qui était menuisier, j’ai d’abord appris le langage de ce métier, les codes, les usages et j’ai compilé toutes ces informations pour que mon personnage incarne parfaitement son rôle. Pourtant, il n’a pas été mon personnage central, juste un figurant de plus pour le déroulé de la narration, mais il m’a semblé important de lui donner cette consistance.

3 Vous vous comparez peut-être à un autre auteur

Il est facile de tomber dans le piège de la comparaison. Vous avez un auteur de prédilection, vous cherchez à imiter son style, surtout parce qu’il fait vendre. Vous réussissez maintenant à rédiger presque aussi bien que lui et vous cherchez simplement à améliorer la prose pour qu’elle diffère juste assez.

Mauvaise idée. Autant lire d’autres auteurs est un exercice utile et nécessaire pour son développement personnel et intellectuel, autant copier le style et les techniques d’un autre vous rendra inintéressant.

La perfection n’est pas de ce monde et en écriture c’est encore plus vrai. Même un écrivain célèbre ne dispose pas de doigts magiques qui alignent les mots de telle façon que son livre sera à coup sûr un succès. Il doit cette reconnaissance à son talent et à ses fans qui aiment son travail. Pas besoin de vous dire que de nombreux auteurs connus ont démarré leur carrière de façon laborieuse. Je ne citerais pas de nom. Non, c’est vrai !

Ce qui nous amène au dernier point.

4 Votre style vous appartient

Nous sommes tous le reflet des générations passées. L’incarnation des erreurs et des victoires que nos ancêtres ont eu à affronter, jusqu’à ce que nous soyons nous-mêmes prêts à les affronter.

En gros, vous êtes vous et personne d’autre ne pourrait l’être. Enfin, peut-être dans un film de science-fiction, mais dans la vraie vie c’est impossible. Enfin, je crois.

Lorsque vous écrivez, il faut que ce soit avec votre cœur et votre âme. Cela transmettra à vos récits et par extension à vos lecteurs votre particularité. C’est un peu comme votre génome, il est unique. Et bien, votre façon d’écrire et de relater les choses doit, elle aussi, être unique.

Alors oui, au début, il peut arriver (très souvent) que ce que vous allez écrire soit un véritable désastre. Tant sur le style que dans la prose. Mais, ce n’est pas important, car cela vous appartient.

Avec le temps et la pratique, vous ne ferez que vous améliorer. C’est un peu comme le bon vin. Quand il est mis en bouteille, il est presque aussi bon que de la piquette de supermarché, mais avec les années… Pour vous et votre travail, c’est la même chose. Écrivez ! C’est tout.

Que vos mots soient bons ou mauvais, tout le monde saura que ce sont les vôtres. Il y a toujours une niche de lecteurs qui trouveront votre travail agréable et distrayant. Au fur et à mesure, cette niche grandira en même temps que vous évoluerez.

Site Footer