Passer de l’idée au manuscrit étape par étape

L’idée, c’est le point de départ de tout manuscrit. Sans elle, il n’y a pas vraiment d’espoir pour ceux qui cherchent à écrire un roman.

Je sais ce que vous vous dites :« facile d’avoir une idée ! Moi, j’invente des histoires tous les jours. » Eh bien, je vous dirais que non, ça n’a rien de simple. Voilà pourquoi.

L’idée, ce n’est pas de juste se dire « je pourrais écrire sur les magouilleurs de Wall Street ou sur la vie d’une souris qui devient un chef gastronomique ». L’idée, ce n’est pas non plus de décrire un début de scène qui pourrait déboucher sur une histoire crédible. Non, l’idée est un véritable concept qui amène à la construction créative d’un univers à développer. Imaginez que vous vouliez écrire l’histoire d’un bucheron dans les grandes forêts sud-américaines, et bien ce n’est pas une idée, c’est un contexte. L’idée, quant à elle, décrirait son parcours, ses problèmes, ses relations, la façon dont il saisirait son environnement, etc.

Vous l’aurez compris, l’idée est le développement de votre future histoire. Elle vous permettra d’analyser si celle-ci est intéressante, particulière ou juste navrante, et en fin de compte, si elle vous anime assez pour passer à la phase suivante dans votre projet de manuscrit.

Je vous décris ici quelques étapes qui vous aideront à réaliser votre manuscrit, en partant de l’élaboration de l’idée jusqu’au roman.

Étape 1 : La conception générale
Dans un premier temps, sans sauter d’étapes pour ne pas se louper dans la description des différents éléments de votre futur manuscrit, l’objectif sera de résumer l’histoire qui vous trotte dans la tête et si possible en une seule phrase. Pour cela, ne pensez ni aux personnages, ni à des lieux géographiques, ni à aucun élément de détails. Allez au plus simple pour faire sortir l’essence même de votre idée.

Exemple : si Tolkien devait faire l’effort de résumer simplement son œuvre du Seigneur des anneaux, cela donnerait peut-être : « un jeune garçon entreprend un voyage périlleux pour détruire un objet magique qui est à la source du mal qui envahit son monde »

Après avoir fait ça, il faut maintenant trouver le bon décor pour faire vivre votre histoire. Votre manuscrit aura un début, un milieu et une fin. Il faut pouvoir expliquer, pour ces différentes phases, le décor dans lequel votre ou vos personnages vont évoluer. Quels sont les protagonistes qui parcourront ce décor, quels obstacles vont-ils rencontrer et surtout ne pas oublier le plus important, comment va finir l’histoire ? Tous ces aspects doivent pouvoir se résumer et avoir du sens, surtout à vos yeux. Si la construction ne se rapproche pas de votre idée, avec le temps vous allez vous exclure de l’histoire parce qu’elle ne correspond pas à ce que vous vouliez au départ. Donc, restez fidèle à ce que vous avez imaginé et pas à ce qui se fait ou ce qui marche. C’est aussi ça « être original ».

Étape 2 : Tout est dans les détails
Maintenant que les bases sont posées et que l’univers a été généralisé, il est temps de passer à l’étape de la définition des personnages. Pour vous aider dans leur création, faites des fiches (bristol par exemple). Une fiche par personnage où vous indiquerez toutes les choses qui vous semblent importantes dans sa description (nom, prénom, âge, apparence, signes particuliers, tics, habitudes, lieux où il aime aller, chanson préférée, motivations, difficultés…). Plus il y aura de détails, plus vous aurez de matière pour le faire évoluer dans votre imaginaire. Peut-être que vous n’utiliserez pas tous ces détails, c’est même sûr. Mais, tout comme une véritable personne, la complexité de sa personnalité ne se verra pas de prime abord. Elle se dévoilera au fur et à mesure du temps passé avec elle. Ces détails vous aideront à distiller ses traits de caractère tout au long du récit.

Après les personnages, passons aux décors. Il est important de les soigner autant que les personnages. Alors là, il y a deux écoles. J’ai rencontré des écrivains qui se focalisent sur la description des lieux pour ensuite y faire vivre leur héros, et d’autres qui préfèrent mettre en avant le personnage et distiller le décor, au fur et à mesure, laissant ainsi au lecteur la liberté de créer sa propre visualisation. Je suis de ceux-là. Je n’aime pas imposer le décor, même si je l’ai fait dans mes premiers textes. J’ai assez évolué pour admettre qu’un livre c’est avant tout une aventure qui se vit dans notre esprit et c’est pour cela qu’aujourd’hui je préfère laisser plus de liberté à l’imagination de mes lecteurs.

Finalement, c’est à vous de choisir : faites comme bon vous semble. Encore une fois, écrivez comme vous le sentez. Donc, vous pouvez vous aider de photos, de dessins, de catalogues de mobiliers pour conceptualiser des pièces… Ne négligez aucun support. Le maitre mot est « cohérence ». Il faut garder une ligne de cohérence qui ne gênera pas la lecture. Par exemple, ne présentez pas votre protagoniste marchant au milieu du désert et pouf, tout à coup, le faire entrer dans un hôtel luxueux des Champs-Élysées. Bon, je sais que j’exagère un peu. Je veux simplement dire qu’il faut rester réaliste dans les déplacements et dans l’architecture, même dans de la science-fiction.

Il y a aussi un autre aspect qu’il ne faut pas oublier. La description d’un lieu peut aussi passer par d’autres sources que le visuel. Les sons, les bruits, les odeurs sont des éléments qui font partie de nous et il ne faut pas les omettre. D’accord, un livre se lit avec la tête, mais nous disposons en tout de cinq sens qui peuvent rendre encore plus crédible une histoire. Ils se doivent d’être exploités.

Étape 3 : Écrire, enfin presque !
Vous allez commencer l’écriture, mais pas encore celle de votre manuscrit. La première phase d’écriture va se concentrer sur la construction des chapitres. Alors, je ne vous demande pas de faire un résumé de chacun d’entre eux, c’est plutôt ennuyeux et même pour moi, c’est un véritable frein à l’envie de continuer un projet. Concentrez-vous sur les grands actes, les scènes et sur les rencontres entre personnages. C’est une façon simple de disposer d’une trame qui sera votre fil conducteur et qui deviendra votre bouée de sauvetage lorsque vous serez perdu dans votre propre histoire. Car oui, vous allez souvent vous perdre. Cette bouée sera l’élément qui vous permettra de garder cette cohérence dans le récit.

Enfin pour finir, je ne vous dirais qu’une chose : allez-y, foncez !
Vous disposez de tous les éléments qui seront le support de votre inventivité. À vous d’écrire une belle histoire, une histoire glauque, un monde fantastique, une conquête spatiale, la vie d’une tortue de mer sur une plage des Galapagos… que sais-je ! Écrivez !

Important : la première version de votre manuscrit devra se faire sans revenir sur ce que vous avez déjà écrit avant de l’avoir complètement terminé. La première version est toujours une grande imperfection, mais c’est le matériau brut qu’il vous faudra maintenant travailler, encore et encore, pour obtenir au bout du compte votre diamant, l’histoire qui vous rendra peut-être célèbre ou simplement heureux de l’avoir écrite.

C’est à vous de devenir écrivain !

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